Essai du Renault Kadjar : et si c’était le SUV familial idéal ?

Essai auto du Renault Kadjar

Profitant de l’essor du segment des SUV familiaux, Renault a sorti le Kadjar en 2015. Positionné entre le SUV citadin Captur et le grand SUV Koleos, ce modèle ambitionne de toucher un public familial, en proposant un style passe-partout et une dotation riche pour la catégorie. En 2019, le Renault Kadjar était le septième SUV le plus vendu dans l’hexagone, avec près de 30 000 exemplaires écoulés. Nous avons pris les commandes des différentes versions de ce SUV. Découvrez alors notre essai auto du Renault Kadjar.

Le Renault Kadjar en quelques mots…

La force du groupe composé des marques Renault, Nissan et Mitsubishi a permis de mutualiser les savoir-faire et les plateformes. Dès lors, face au succès du crossover Qashqai de Nissan, la marque au losange, sous la direction de Carlos Ghosn, a fait le choix de se positionner dans le segment SUV, avec le Kadjar. Sans révolutionner le segment, c’est un modèle bien dessiné, qui reçoit les derniers codes stylistiques de la marque et qui propose une palette de motorisations « classiques ». Long de 4,45 mètres, il correspond pleinement aux attentes des familles, qui cherchent un SUV familial moderne de conception et bien équipé.

Renault a veillé à porter un intérêt à la pertinence de son offre en concentrant ses efforts sur la dotation plutôt que sur le développement d’une motorisation hybride dont Mitsubishi a les connaissances. Par ailleurs, le Renault Kadjar est aussi proposé en version quatre roues motrices. Dans le segment, c’est loin d’être une généralité.

Poste de conduite du Renault Kadjar

Au volant du Renault Kadjar

Passons maintenant derrière le volant du Renault Kadjar. Tout d’abord, sachez que le SUV familial de Renault ne propose plus qu’un choix de deux motorisations seulement au catalogue. Du côté des Diesel, c’est le Blue dCi 115 chevaux qui est proposé. Une motorisation frugale, consommant seulement 5,3 litres aux 100 kilomètres. Il est associé à la boîte de vitesses automatique EDC à 7 rapports. En essence, le TCe de 140 chevaux peut être choisi avec la boîte de vitesses manuelle à 6 rapports ou bien l’EDC qui en propose 7. La consommation grimpe à 6,5 litres, mais profite de relances bien supérieures, pour des émissions de CO2 qui augmentent modérément.

Le gabarit du Renault Kadjar, avec sa longueur de 4,45 mètres, peut intimider de prime abord. Pourtant, la prise en main est aisée et on se sent assez vite en confiance. La position de conduite est idéale au moment de prendre la route. Bien vite, on remarque que les moteurs sont assez agréables, doux et que le confort est tout à fait satisfaisant. L’amortissement est bon, sans être trop ferme. En matière de dynamisme, nous sommes bien vite rappelés par les modestes puissances proposées par la marque au losange. Pourtant, la conduite est plaisante avec un toucher de pédale agréable, un freinage endurant et facile à doser, un amortissement adapté et une prise de roulis modérée. La direction manque quelque peu de consistance, ce qui anéantit le dynamisme général. Les jantes de grand diamètre n’altèrent pas le confort tout en renforçant la tenue de route.

Le fait d’avoir choisi des moteurs à quatre-cylindres permet d’avoir un fonctionnement plus « rond », avec davantage de couple et une consommation plus modérée en ville. Les boîtes de vitesses proposées, qu’elles soient manuelles ou automatiques, sont bien étagées et plaisantes à manipuler. La conduite est douce et incite à la modération. L’ESP travaille discrètement afin d’anticiper toute perte d’adhérence. Avec ses 115 chevaux et ses 270 Nm de couple, le Blue dCi 115 ne brille pas par ses performances. Heureusement, ses rapports de boîte lui autorisent des dépassements sur autoroute, mais l’anticipation est indispensable pour s’accommoder à cette petite motorisation. Il écope d’un malus écologique de 75 euros. À l’inverse, le TCe de 140 chevaux se montre plus à l’aise, avec 270 Nm de couple également. Mais cela ne suffit pas pour en faire un modèle sportif. Bien au contraire… Il est pénalisé d’un malus de 360 euros, en raison de ses émissions de CO2 à 147 g/km.

Par le passé, d’autres motorisations furent proposées, allant jusqu’à 165 chevaux. La restructuration de la gamme a poussé Renault à restreindre sa gamme.

Intérieur du Renault Kadjar

À bord du Renault Kadjar

Passons maintenant à bord. Là, on découvre un habitacle assez généreux où l’on a un sentiment de place, nous n’y sommes clairement pas engoncés. À l’avant, on trouve des sièges assez enveloppants, offrant un bon maintien lombaire et une assise confortable. On notera la présence d’un prolongateur d’assise et des mousses à double densité. L’ensemble s’accompagne d’une planche de bord moderne mais pas innovante. L’écran tactile central de 7 pouces seulement est quelque peu perdu… Les compteurs, modernes dans leur présentation, n’ont pas de charme particulier. En revanche, la qualité perçue est en hausse depuis le restylage opéré en 2018. Le système multimédia prend désormais en charge Android Auto et Apple CarPlay, ce qui manquait jusqu’à présent.

L’empattement de 2,64 mètres, plutôt court pour la catégorie, n’altère pas l’accessibilité aux places arrière, qui reste tout à fait satisfaisante. À l’arrière justement, ce sont trois vraies places qui sont proposées. Le volume de coffre de 472 litres est d’une contenance moyenne pour la catégorie. Le seuil de chargement plutôt bas est appréciable lorsqu’il s’agit de charger les sacs de course ! Il se montre aussi très modulaire avec des sièges rabattables, offrant un plancher plat.

La visibilité arrière demeure assez moyenne, en raison de montants D plutôt épais. Dès lors, nous sommes plutôt satisfaits du fait que la caméra de recul soit fournie de série, sur la finition Evolution.

Avant du Renault Kadjar

Le design consensuel du Renault Kadjar

En matière de design, le Renault Kadjar reprend tous les codes stylistiques en vigueur. Long de 4,45 mètres, large de 1,84 mètre et haut de 1,60 mètre, il est pleinement dans l’ordre de taille de ses concurrents. Sa face avant se montre expressive avec de nouveaux boucliers. À l’avant, la calandre reçoit des stries chromées discontinues qui renvoient une image plus luxueuse. La signature lumineuse progresse avec l’intégration du fameux C propre à la marque. Les écopes de pare-chocs sont plus volumineuses tandis que l’arrière reçoit des sorties d’échappement fictives. À l’arrière, les feux disposent d’un renflement, qui donne du volume et qui a permis de moderniser la ligne. Notons aussi la présence de fines extensions d’aile afin de cultiver l’esprit 4×4. Les jantes ont aussi été redessinées. Elles sont plutôt modernes dans leur apparence et permettent d’alléger la silhouette du Kadjar. Dans l’ensemble, c’est un design assez voluptueux, agrémenté de nombreuses courbures et qui vieillira sans doute très bien dans le temps.

L’impression d’avoir un modèle plus statutaire est bien réelle. L’amincissement de la gamme et la suppression de la précédente finition d’appel sont probablement une raison de ce ressenti. Dans tous les cas, le Kadjar à l’image de sa fonction : celle d’un modèle familial de taille moyenne. Un modèle sincère, en somme.

La finition Evolution constitue la nouvelle entrée de gamme. Elle offre de série les jantes alliage 17 pouces, la caméra de recul, la climatisation automatique bi-zone ou encore le système R-Link 2. Une dotation riche qui fait l’impasse sur certaines coquetteries cosmétiques, mais est-ce vraiment le plus important ? Quant à la finition Techno, elle assure à la fois le milieu et le haut de gamme. Elle gagne des projecteurs avant à LED Pure Vision, les jantes 19 pouces ou l’avertisseur d’angle mort. Pour autant, piocher dans les options demeure nécessaire si vous souhaitez par exemple vous offrir le toit panoramique ou encore l’Easy Park Assist. Des options facturées respectivement à 800 et 350 euros.

Arrière du Renault Kadjar

Le Renault Kadjar et ses (nombreux) concurrents

Le segment des SUV familiaux d’environ 4,50 mètres est particulièrement fourni. La raison, c’est que ce segment a cannibalisé celui des monospaces. L’offre a donc rarement été aussi complète. Une concurrence qui comprend notamment le Nissan Qashqai renouvelé dernièrement, le Peugeot 3008 qui a fait l’objet d’un restylage l’an passé et le Volkswagen Tiguan qui sort lui aussi du restylage. Hormis ces trois concurrents principaux, il y a des concurrents secondaires, car ils ne remplissent pas parfaitement les mêmes besoins, comme le Jeep Compass qui peut compter sur ses capacités de franchissement ou le Seat Ateca, plus petit.

En matière de positionnement tarifaire, le Renault Kadjar se place dans la moyenne de la catégorie. Sa force, c’est de proposer des remises significatives en ces temps maussades. Il se trouve aussi assez facilement, aussi bien sur le marché du neuf que de l’occasion. Au niveau des équipements, le Kadjar compose avec une gamme très restreinte, mais plutôt bien dotée. Malgré tout, il ne peut cacher sa conception qui remonte à quelques années déjà. En témoigne son « petit » écran central de 7 pouces ou ses compteurs dont la présentation n’est plus très actuelle.

En matière de praticité, le Kadjar a pourtant de beaux restes. Il a résolument été pensé pour la famille et se distingue par ses nombreux rangements et son volume de coffre, facile à charger. À l’inverse, il pêche par les faibles performances de ses petites motorisations. Le retrait de la transmission intégrale est également un inconvénient pour les familles baroudeuses…

Quant à l’esthétique, le restylage a apporté un vrai vent nouveau au Kadjar qui conserve une plastique dans l’air du temps. Mais la beauté étant un paramètre subjective, nous vous laisserons vous forger votre propre opinion, en fonction de vos goûts.

Feu avant du Renault Kadjar

Ce qu’il faut retenir de ce SUV familial

Le Renault Kadjar n’entrera probablement pas dans l’histoire. C’est un SUV familial moderne et bien équipé, qui répond aux attentes des familles. Toutefois, ses évolutions questionnent et l’absence d’une motorisation hybride le prive très probablement d’une partie de son public potentiel. Malgré une dotation technologique inférieure à ses concurrents, il parvient à entretenir la flamme et conserve un fort capital sympathie.

Sur le marché du neuf, le plus difficile sera certainement de s’accommoder de la motorisation TCe de 140 chevaux. Une mécanique moderne et agréable, mais malheureusement peu performante et qui risque de laisser les parents pressés sur leur fin. Quant au Blue dCi de 115 chevaux, il ne peut compter que sur sa consommation pour séduire les gros rouleurs. Enfin, le Kadjar est une voiture bien dans son temps, l’idéal pour aller d’un point A à un point B, avec un bon niveau de confort.

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