Derrière ce vaste titre peu évocateur se cache un sujet improbable, mais qui mérite réflexion : et si le marché automobile mondial tel qu’on le connaît aujourd’hui cessait de fonctionner ? Que se passerait-il si les voitures n’arboraient ni logo ni marque ? Différentes conséquences auraient alors lieu.

constructeur automobile

Divers logos de marques plus ou moins connues.

Contexte et fonctionnement actuel

Avant d’étudier les différentes conséquences possibles et de vous expliquer ce qui se cache derrière un titre pareil, petit rappel du contexte et du marché actuel. Aujourd’hui, la société est très largement influencée par les médias ainsi que l’avis des autres. Et cette manière d’être en permanence orientés par les médias et le regard des autres ne nous touche pas que dans le secteur automobile, mais à tous les niveaux de nos achats, notamment vestimentaires. Et comme dans tous les autres secteurs, l’automobile possède ses marques vedettes, connues dans le monde entier, mais également des marques moins populaires, généralement par manque de communication ou par une faible ancienneté de la marque. Ces marques peu connues sont souvent délaissées par les clients, et il est assez rare de voir un constructeur inconnu ou récemment créé émerger et devenir un constructeur important. Si l’arrivée des voitures électriques a permis à Tesla de réaliser cet exploit, il reste toutefois peu probable de voir certains constructeurs vendre autant de voitures que Volkswagen dans les prochaines années.

Qu’entendons-nous par “sans marque” ?

Maintenant le contexte remis en place, nous allons vous expliquer ce que nous entendons par un marché de l’automobile “sans marque”. Ce n’est pas le fait de regrouper toutes les marques en une seule, mais de supprimer le logo et la marque des véhicules, et les vendre au même endroit. Le client se rendrait alors en concession généraliste pour y choisir un véhicule dans une catégorie (compacte, berline, monospace, supercar, …), et aurait le choix entre tous les modèles de toutes les marques, sans pour autant savoir quelle marque a réalisé tel véhicule.

Quelles conséquences ?

Aucune stigmatisation
Certaines marques sont victimes de stigmatisation, tandis que d’autres profitent de la stigmatisation de ces marques. Et cela à tous les niveaux. Prenons l’exemple de Dacia, constructeur “low-cost”. Les personnes refusant d’acheter une Dacia sont nombreuses, et cela par pure amour-propre et afin de ne pas baisser leur estime de soi. En effet, quand une famille a les moyens de mettre 70 000 € dans un SUV, elle ne pensera même pas au Dacia Duster. En revanche, en se rendant en concession généraliste dans un marché automobile sans marque, le Dacia Duster serait exposé à côté d’autres SUV de marques plus haut de gamme. Et même s’il est nettement moins chic et puissant qu’un BMW X6 ou Porsche Cayenne, il aurait de quoi rivaliser avec d’autres SUV plus chers que lui.

automobile supercar

Mazzanti Evantra, supercar peu connue du grand public.

Autre exemple : connaissez-vous la Mazzanti Evantra ? Pour la plupart d’entre vous, certainement que non. Et étant un constructeur peu connu et récent, peu de gens osent dépenser autant d’argent dans cette voiture, mais se dirigent plutôt vers des Ferrari, Lamborghini et autres Porsche. Mais si aucune marque ne figurait sur les véhicules ou lors de l’achat, ces personnes fortunées recherchant une voiture de sport achèteraient-elles toujours les mêmes voitures ? Ne se laisseraient-elles pas tenter par une supercar actuellement peu connue ? Car nous avons cité la Mazzanti Evantra, mais d’autres exemples sont également notables : GTA Spano, Icona Vulcano, Marussia B2 ou encore la Spyker C8 Aileron.

marussia b2 spyker c8 gta spano icona vulcano

Marussia B2 (haut-gauche), Spyker C8 Aileron (haut-droite), GTA Spano (bas-gauche) et Icona Vulcano (bas-droite).

Des prix plus abordables…
Si certaines marques font payer cher leurs véhicules, c’est entre autres pour la renommée de la marque. Et la marque étant, dans notre hypothèse d’un marché automobile sans marque, cachée de l’acheteur, c’est donc le prix qui déterminera en grande partie son achat. Mais alors, les voitures seraient-elles moins chères ? En théorie, la réponse serait oui. Car étant en concurrence directe avec d’autres marques proposant des tarifs plus abordables, les grandes marques seraient contraintes de revoir leurs prix à la baisse.

… ou plus d’innovations !
Si les constructeurs ne baissent pas leurs prix, ils doivent alors innover pour justifier les prix affichés. Et cette fois-ci, l’excuse de la marque ne fonctionne pas. Pour justifier par exemple un écart de prix entre une Ferrari 458 Speciale et une GTA Spano, il faudra désormais à Ferrai proposer une meilleure voiture, soit plus puissante, soit plus luxueuse.

Conclusion

Même si jamais une telle chose se produira, un marché automobile sans marque serait bénéfique aux acheteurs : un plus large choix de véhicules toujours plus innovants et au meilleur prix.