accompagnateur-auto-ecoleDepuis le 1er octobre 2013, un arrêté oblige les accompagnateurs des organismes qui louent des voitures à double commande à suivre une formation de 4h00 en auto-école. En effet, dans un contexte où ces loueurs de voiture étaient soupçonnés d’enseigner la conduite sans passer par une auto-école, et donc de baisser le prix du permis de conduire, une nouvelle loi a été votée pour :

– rappeler que l’apprentissage de la conduite à titre onéreux est un monopole réservé aux auto-écoles
– annoncer qu’il est désormais obligatoire de suivre une formation directement auto-école pour être habilité à l’accompagnement de conducteurs ne disposant pas encore du permis.

Ces formations coûtent entre 100 et 400 euros. Problème ? Selon les loueurs de voiture à double-commande, les auto-écoles sont déjà saturées, et refusent donc de permettre aux accompagnateurs d’être formés. Le ministère de l’Intérieur, qui aurait interrogé 10 000 auto-écoles, a déterminé que près de 130 auto-écoles ont déjà commencé les formations.

Les loueurs ont récemment à nouveau saisi le Conseil d’Etat afin d’obtenir une suspension du décret, et d’envisager une mesure transitoire. Cela permettrait à ces organismes d’avoir plus de temps pour se mettre en accord avec la loi.

Ce bras de fer est l’un des nombreux symptômes du sujet brulant que représente l’apprentissage de la conduite en France aujourd’hui. L’été dernier encore, l’association de consommateurs CLCV publiait une étude sur le manque de transparence des auto-écoles : les tarifs, les conditions d’accès et les taux de réussite sont peu lisibles. L’étude mettait ainsi en lumière un manque trop important de transparence. De manière plus générale, le permis de conduire en France coûte rarement moins de 1 500 euros pour 35 heures de conduite, avec un taux de réussite en première présentation sous la barre des 60%. Cet automne, ce sont les inspecteurs du permis de conduire qui ont fait grêve contre le suppression de 35 postes d’inspecteurs, ce qui représentent environ 100 000 passages de permis par an. En effet, les temps d’attente pour obtenir une place au permis de conduire peuvent durer de 6 à 12 mois dans les grandes métropoles françaises selon les périodes.

Manuel Valls et son ministère se sont engagés à mener une étude sur le sujet dont les résultats sont attendus pour le premier trimestre 2014, afin de repenser le modèle actuel. Déjà de nombreux politiques se sont exprimés sur le sujet, en proposant par exemple de permettre à des entreprises privées de délivrer un permis probatoire, et réduire ainsi l’engorgement du système.

Affaire à suivre.